Simone Decker, Basic au LiFE

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Communiqué de presse

Le LIFE (Lieu international des Formes Emergentes) présente du 24 juin au 28 août 2011, en partenariat avec Le Grand Café, centre d'art contemporain de Saint-Nazaire, une exposition personnelle de l'artiste luxembourgeoise Simone Decker.

Incursions magiques dans le réel, les oeuvres de Simone Decker puisent à la source de l'espace, de la matière et du jeu perceptif. Si l'artiste approche les lieux à l'instinct, ses installations, sculptures ou photographies procèdent pourtant de processes extrêmement rationnels. Trucages optiques, jeux d'échelle et matériaux inédits sont des outils que Simone Decker manie avec destérité pour modifier les pooints de vue, piéger les corps et métamorphoser le rapport du spectateur à l'espace.

Des sculptures gigantesques en chewing-gum dans les rues de Venise (Chewing in Venise, 1999), cinquante kilomètres de rubans adhésifs colorés à la Synagogue de Delme (White Noise, 1999), douze fantômes phosphorescents moulés sur les sculptures de la ville du Luxembourg (Ghosts, 2004), une salle d'exposition entièrement recouverte de latex rouge (Untermieter, 1997)... Les dispositifs de l'artiste témoignent d'une occupation de l'espace inventive, spectaculaire et toujours expérimentale.

Car le dialogue serré qu'elle entretient avec les lieux s'apparente à une recherche en corps-à-corps: elle en moule l'empreinte, en empêche l'accès ou au contraire leur confère des vertus adhésives pour capturer le visiteur. Elle en bouleverse l'ordre (les rapports d'échelle, les points de fuite, la perspective). Enfin, elle révèle volontiers la nature illusionniste de nos représentations.

Aux grandes problématiques qu'elle soulève (l'intime et le public, la maquette et le monumental, le faux et le vrai), elle répond avec une grâce joueuse. Car les oeuvres de Simone Decker ont la gravité légère et la pertinence impertinente : elles cachent leur complexité derrière une évidence visuelle et ne lésinent jamais avec le plaisir.

Sur ce double mode, intuitif et analytique, ludique et conceptuel, l'artiste expose au LiFE sa vision singulière de la base des sous-marins, gigantesque monument "noir" de la seconde guerre mondiale. Cette architecture de la démesure que la ville de Saint-Nazaire "digère" peu à peu fait ici l'objet d'une relecture formelle, inattendue, physique, métaphorique et ... gourmande.

Au centre de l'exposition se dresse, tel un mets de choix, une sculpture monumentale que Simone Decker a conçue souple et sensuelle, accessible au public invité à pratiquer, toucher et sentir les formes de l'oeuvre. En contrepoint et dialogue avec cette sculpture de mousse hors-normes, l'artiste investit la base dans sa "chair" même: une quinzaine d'inserts épousent les fissures du bâtiment, discrètes incrustations réalisées en céramique dentaire.

Entre ornementation précieuse et pansement thérapeutique, ces micro-prothèses invitent à la découverte intime de l'architecture, scrutée dans son épaisseur, saisie au plus près d'une vie matériologique autonome.

Un temps propre, qui n'est plus celui de l'Histoire mais celui du corps, peut alors advenir: le vieillissement du béton, ses suintements calcaires, ses failles où perce la lumière deviennent autant de révélations nées du geste de l'artiste. Cette dernière file ainsi sa métaphore gourmande, où la base s'envisage comme une gueule - celle d'un monstre? - suggérant des approches sensorielles inédites.

Avec ces productions exceptionnelles, Simone Decker poursuit ainsi son intime questionnement de l'espace, densifie son exploration de la matière et confirme que l'art et sa réception, définitivement, valent comme expériences d'appropriation.

Commissaire de l'exposition: Sophie Legrandjacques, directrice du Grand Café, centre d'art contemporain de Saint-Nazaire.

Quelques réalisations précédentes de Simone Decker








 







A gauche :
Simone Decker, Seond Life, 2010. Caisses de stockage des oeuvres de la collection du MUDAM Luxembourg, échafaudage, escalier, 19 x 8 x 8m. Vue de l’exposition Sketches of Spaces, MUDAM Luxembourg. Photo © Simone Decker

A droite :
Simone Decker, Curtain wall, 2002, impressions jet d’encre sur tissu. Printemps de septembre à Toulouse, 2002. Photo © Simone Decker

Ci-dessous :
Simone Decker, Ghosts, bandes textiles, résine, pigment photoluminescent. Vue de l’exposition Point de vue au Crédac, centre d’art contemporain d’Ivry-sur-Seine. Photo © André Morin

Simone Decker, Chewing in Venice, 1999. 2 séries de 15 photographies, 67 x 98 cm chacune, lifochrome Classic sur Dibond; 48ème Biennale dart contemporain de Venise. Photo © Simone Decker

Ci-dessous : Simone Decker, Chewing in Venice, 1999. 2 séries de 15 photographies, 67 x 98 cm chacune, lifochrome Classic sur Dibond; 48ème Biennale dart contemporain de Venise. Photo © Simone Decker

Ci-dessous : Simone Decker, Chewing in Venice, 1999. 2 séries de 15 photographies, 67 x 98 cm chacune, lifochrome Classic sur Dibond; 48ème Biennale dart contemporain de Venise. Photo © Simone Decker

Exposition du 24 juin au 28 août 2011. Le LiFE - Lieu international des Formes Emergentes, Base des sous-marins, Alvéole 14 - boulevard de la Légion d'Honneur - 44600 Saint-Nazaire. Entrée libre et gratuite du mardi au dimanche de 11h à 19h.

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  Simone Decker, Basic
   Le LiFE, Saint-Nazaire
  24.06 - 28.08.2011

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