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Communiqué de presse


Aniane accueille pour la quatrième année consécutive à la Chapelle des Pénitents des œuvres de la collection du FRAC Languedoc-Roussillon. Et cette année, les Ghosts de Simone Decker.












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Exposition du 27 juillet au 15 septembre 2013. Chapelle des Pénitents, place des Pénitents - 34150 Aniane. Tél.: +33 (0)4 67 57 63 91. Ouverture du mercredi au dimanche de 14h30 à 19h.

  Simone Decker, Ghosts

  Chapelle des Pénitents, Aniane

  27.07 - 15.09.2013

Simone Decker, Ghosts, Chapelle des Pénitents, Aniane

Le texte d’Emmanuel Latreille


Entrée dans les collections du Frac en 2006, l’œuvre de Simone Decker intitulée Ghosts, pièce monumentale, consiste en douze « répliques » phosphorescentes de sculptures originales placées dans l’espace de la ville de Luxembourg, d’où l’artiste est originaire.


Subsumant en un même ensemble toutes sortes styles artistiques différents, la collection réalisée par Simone Decker pose précisément la question de la disparition de toute « originalité ». De même que la modernité a inventé le contexte du « cube blanc » (la galerie) pour présenter des contenus formels très différents, l’espace public est devenu un autre contexte dans lequel la spécificité des œuvres se trouve annulée au profit de l’aménagement du territoire urbain. La plupart des monuments urbains ne sont-ils pas interchangeables, quant leur fonction est de combler quelque vide dans la Cité ?


En transformant des bronzes et autres artefacts publics en de simples peaux lumineuses, et en les regroupant ensemble dans le noir (à l’origine, la moitié des Ghosts fut exposée sur le toit du Casino Luxembourg Forum d’Art contemporain, où ils étaient visibles de nuit, et l’autre moitié dans les caves de ce même centre d’art), Simone Decker retourne avec (im-)pertinence la logique illusoire des « originaux » : l’immobile devient mobile, le lourd devient léger, l’unique devient multiple, l’objet mis en lumière retrouve sa propre puissance lumineuse, l’élément isolé dans son pseudo-style (en vérité pur et simple effet de signatures, en la collecte desquelles consiste précisément la modernité…) perd tout style mais retrouve son « aura » à l’intérieur d’un collectif (citoyen?) Libéré de toute assignation contextuelle. Le contexte d’exposition (cube blanc d’une galerie, espace public, chapelle…) disparaît au profit de la joyeuse incongruité des formes, et de leurs rencontres ouvertes.


Les Ghosts de Simone Decker interrogent la fragilité du coefficient artistique que contiennent les œuvres d’art. Qu’est-ce que le « contenu artistique » d’une œuvre? Comment le saisir en lui-même, et non dans la relation que l’objet entretient avec la société, les codes, les conventions, les valeurs de toute nature qui encombrent la légèreté et la liberté du geste créatif? Ou la liberté d’un regard joueur, qui s’émerveille seulement de ce qui apparaît comme une épiphanie?


Or, il est peu contestable que la manifestation Ulysse l’Original constitue lui aussi un contexte ! N’y a-t-il pas un risque que celui-ci détermine à son tour la lecture de ces douze fantômes ? Serions-nous avec le Héros, dans l’antre d’Hadès ou dans quelque autre espace religieux encombré de ces terribles pénitences, peu favorables à l’émerveillement et à l’insouciance? Cette hypothèse est, il faut bien le reconnaître, très plausible, tant les fantômes d’hier et d’aujourd’hui sont, au fond, proches cousins… Et pourtant, qu’est-ce qu’un fantôme « original »?

Ulysse (dans l’original) : « Que va-t-il encore m’advenir? »

Les Ghosts (ou Le Choeur) : « Que peut-il donc arriver à quelqu’un qui n’existe plus ? »


Simone Decker, Ghosts, 2004, sculptures luminescentes. « Chaufe, Marcel ! », Chapelle de la miséricorde, Montpellier, 2006. Collection Frac Languedoc-Roussillon. Photo Christian Pérez, © Adagp, Paris, 2013

Simone Decker, Ghosts, 2004, sculptures luminescentes. « Chaufe, Marcel ! », Chapelle de la miséricorde, Montpellier, 2006. Collection Frac Languedoc-Roussillon. Photo Christian Pérez, © Adagp, Paris, 2013

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