Communiqué de presse

La galerie Griesmar & Tamer propose une exposition monographique de Valérie Dantas Mota. L'exposition comprend une série de photographies numériques, des sculptures et des dessins.

Originaire du Brésil, Valérie Dantas Mota développe un travail à la fois numérique et artisanal. Sa démarche est née de son lien à la nature et examine avec assiduité les correspondances entre les règnes animaliers et humains. Elle cherche les analogies dans leurs éléments constitutifs et la manière dont ils pourraient se faire écho les uns les autres. Pour sa première exposition personnelle en France intitulée E preciso querer chorar, mas não sei ir bucar as làgrimas (traduction: "Il faut vouloir pleurer, mais je ne sais pas où trouver les larmes", in "Passage des Heures", Fernando Pessoa (Alvaro de Campos)), un catalogue présentant une majeure partie de son travail est édité avec le soutien de l'Ambassade du Brésil.

Valérie Dantas Mota a commencé par façonner les enveloppes charnelles d'animaux divers en utilisant leur cuir, leurs plumes ou leurs écailles. Son intérêt s'est avant tout porté sur les fonctions premières de la peau comme la régulation thermique, l'étanchéité ou la perception sensitive. Elle s'est réapproprié ces fonctions en transplantant leurs spécificités sur d'autres structures organiques pour ainsi créer des peaux imaginaires (cf. Cascade), des revêtements aux finalités démesurées, dues aux multi-combinaisons accordées par la greffe. Du transfert des tissus à l'agencement de ceux-ci via différentes membranes cellulaires, surgissent de nouvelles espèces. 

La réajustabilité dermique incite l'artiste à prendre en compte quelques-unes des aspérités de la chair; empreintes de boursouflures, de rugosités et de replis qu'elle ligature à outrance pour n'offrir qu'un revêtement amorphe, exempt de toute carcasse. Il est alors dépourvu de toute régularité ou d'arrangement ordonné comme le montre la série des Frankenstein qui n'est constituée que de chairs multisectionnées. L'élasticité a largement été bafouée par un réseau très dense de fils et de scotch, qui traverse la chaire de part en part. La peau est anéantie par la contrainte des sutures - n'ayant pour seule et unique fonction que le liage des différentes couches, en les piquant entre elles - et le cordage suffisamment serré pour empêcher toute expansion. La chair est recroquevillée sur elle-même et est devenue imperméable au milieu environnant - sans terminaison sensitive.

A force de dévider les bobines et d'effilocher les fibres, Valérie Dantas Mota a fini par déployer les substrats des corps, comme pour les débarrasser d'un surplus irritant (cf.
Jalousie et Larmes). En identifiant cette enveloppe charnelle comme un réceptacle d'émotions pouvant en contenir une quantité infinie, elle l'apparente aussi à un bagage de pensées accueillant nos effects, nos sensations, nos douleurs... Ce réservoir de l'inmensurable dont le contenu peut se répandre à volonté, afin d'évacuer de trop grandes blessures - telles des larmes qui se déverseraient - lui sert de corpus dans lequel elle pioche à sa guise. Elle crée un exutoire indispensable, en régularisant le débit des souffrances qui s'écoulent, ou en les ficelant pour mieux les comprimer ou les faire s'amoindrir. 





Exposition du 14 mars au 10 mai 2008. Galerie Griesmar & Tamer, 40 rue de Richelieu - 75001 Paris. Tél.: +33 (0)1 47 03 09 60. Ouverture du mardi au samedi de 14h à 19h et sur rendez-vous.

Valérie Dantas Mota, galerie Griesmar & Tamer

Ci-dessus : Valérie Dantas Mota, Détails de la série "Il faut vouloir pleurer, mais je ne sais pas où trouver les larmes, images manipulées par ordinateur sur papiers photographique - 2006

Autres visuels : vues de l’exposition monographique de Valérie Dantas Mota à la Galerie Griesmar & Tamer

Ci-dessus et ci-contre : Valérie Dantas Mota, série Frankenstein, sans titre, 2007. Cuir, scotch, fils, 22 x 8 cm chaque

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  Valérie Dantas Mota
  Galerie Griesmar & Tamer, Paris
  14.03 - 10.05.2008

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